Pendant le règne de l'horreur de l'esclavage, des solidarités se sont créées entre des groupes humains que tout aurait dà» séparer : marins blancs, esclaves marrons, noirs affranchis, servants blancs, pour aboutir à des luttes communes pré-révolutionnaires. A méditer en ces jours de discours communautaristes et sécuritaires, o๠la volonté xénophobe de politiciens de bas étage d'attiser les divisions “culturelles†ou “ethniques†supposées du peuple d'en bas semble être la dernière carte qui leur reste à jouer...
Marrons et Amérindiens
(...)Une fois réussie leur évasion de la plantation, à plusieurs afin de pouvoir fonder une communauté, les anciens esclaves se voyaient confrontés à la survie de cette communauté. Dans un premier temps, cette survie à court terme était assurée grâce aux échanges que les esclaves africains avaient eu avec leurs compagnons d'esclavage, les Amérindiens survivants.(...)
Marrons et colons blancs
(...)« Deux points méritent d'être soulignés : l'importance de la dépendance des Marrons à la société coloniale pour certains objets essentiels, et le nombre surprenant d'ententes entre des membres de presque toutes les classes et les rebelles, tant que cela servait leur propre intérêt....Un grand nombre de membres de ces sociétés coloniales trouvaient que les Marrons étaient d'utiles fournisseurs de biens et de services et avaient peu de scrupules à leur fournir, en retour, les objets dont ils avaient besoin. » (...)
Marins noirs, irlandais et idées radicales
(...)Avant toute chose, il est utile de revenir sur l'importance numérique des marins noirs aux 17e et 18e siècles. Dans des villes portuaires comme Londres, des esclaves en fuite venus d'outre-atlantique s'engageaient dans la Marine, se glissant dans la foule anonyme des affranchis, comme cela fut également le cas dans d'autres villes cà´tières aux à‰tats-Unis, à New-York ou Charleston, o๠« ...les esclaves dominaient le trafic maritime et fluvial pour lesquel 20% des hommes adultes travaillaient » . Ainsi, « on a estimé qu'à la fin du XVIIIe siècle, la Royal Navy était composée pour un quart d'Africains puissamment orientés par leur expérience de l'esclavage vers les idéologies prà´nant la liberté et la justice. » (...)
Esclaves Marrons et Drapeau Noir
(...)« Tout homme a une voix dans les affaires en cours ; a un titre égal aux provision fraà®ches, ou aux liqueurs fortes, saisies à tout moment, et peut les utiliser suivant son bon plaisir, à moins qu'une disette ne rende nécessaire pour le bien de tous, le vote d'un retranchement. »(...)
Mourons en hommes libres plutà´t que d'être vendus en esclaves !
(...)Sur les vaisseaux pirates, le butin était réparti selon un système de partage bien plus égalitaire que les rémunérations des marines régulières : chacun reçoit une part égale du butin, et le capitaine, une à une part et demie. Une forme d'assurance d'invalidité fonctionnait également : une part du butin alimentait une caisse de solidarité qui servait à indemniser les pirates en proportion de leurs blessures. De plus, « les capitaines pirates sont élus, et peuvent être destitués à tout moment pour abus d'autorité..., pour lâcheté, cruauté... » . Et tout cela sans bénéficier de traitement de faveur, ni pour le butin, ni pour les rations de nourritures disponibles à bord, ni même pour son hébergement sur le navire ! Un comble ! Les possibilités d'être reconnu à sa juste valeur était à la portée de tout membre d'équipage, et « un simple mousse pouvait espérer devenir un jour grand amiral, quelles que fussent ses origines de classe ou de race - situation tout à fait différente de ce qu'elle était, par exemple, dans la marine britannique ! »(...)
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