Chlordécone aux Antilles : des parlementaires en mission de désinformation.
Par bend'j gwadanina, mercredi 16 avril 2008 à 23:20 :: Informations sur le pays :: #157 :: rss
Chlordécone aux Antilles : des parlementaires en mission de désinformation. jeudi 27 mars 2008, par Gérard Borvon
Le Grenelle de l’environnement et l’intervention intempestive du professeur Belpomme avaient enfin réussi à percer l’omerta qui régnait sur le problème de la pollution par le chlordécone aux Antilles. Une contre attaque s’imposait.
Elle est d’abord venue des milieux de la "science officielle" réquisitionnés pour l’occasion.
Elle s’est poursuivie par l’envoi sur place d’une commission parlementaire dont le très mince rapport vient de sortir.
(...)
Quelques informations cependant.
La commission parlementaire de 2005 avait émis 10 recommandations. Le comité de "suivi" se devait au minimum de les suivre.
"Mises en œuvre, mais de façon inégale", telle est l’appréciation du comité qui signale par exemple que :
"S’agissant du droit à compensation pour les agriculteurs antillais « sinistrés », plusieurs réunions de concertation se sont tenues mais n’ont toujours pas débouché sur des résultats concrets ; les syndicats d’agriculteurs continuent de réclamer une aide à la conversion et l’annulation (ou la réduction) de leurs dettes sociales et fiscales."
Concernant les LMR (limites maximales de résidu) fixées en 2005 par arrêté ministériel, on se souvient que dans la panique liée à "l’affaire", la ministre de la santé Roselyne Bachelot, s’était précipitée pour annoncer leur renforcement. Ce qu’apprécie moyennement la commission qui appelle les "scientifiques" du monde entier au secours du "laisser faire" :
" Nous ne cachons pas que cette mesure nous laisse perplexes : modifier ainsi les LMR, au titre du principe de précaution, a un effet psychologique déplorable sur les populations concernées, à qui on donne l’impression d’avancer à l’aveuglette. Tous les scientifiques s’accordent à considérer que les LMR en vigueur sont largement suffisantes pour pallier les risques éventuels d’un produit dont la toxicité n’est toujours pas démontrée, depuis trente-cinq ans d’utilisation."
Et le Principe de précaution ? Dans le petit monde du député Le Guen, on ne connaît pas !
Il est vrai que dans le même rapport on trouve pourtant un passage alarmant sur la consommation des produits des jardins familiaux :
" Le problème de l’autoconsommation agricole a fait l’objet d’un soin tout particulier. Une étude dite « JAFA » (pour jardins familiaux) vient de montrer que les populations les plus modestes se nourrissaient de légumes racines, qu’elles produisaient dans leurs jardins ou échangeaient avec leurs voisins, dans des proportions beaucoup plus élevées que ce que l’on croyait a priori.
L’AFSSA en a tiré la conclusion que l’exposition au chlordécone en était d’autant aggravée et qu’il convenait donc, outre la baisse des LMR, de recommander aux personnes concernées de limiter leur consommation.
Cette approche nous laisse dubitatif car elle ne propose aucune solution alternative et paraît contradictoire avec d’autres normes : ainsi, en métropole, sommes-nous incités à consommer au moins cinq légumes et/ou fruits différents par jour alors que, dans le même temps, on conseille à des populations extrêmement modestes de faire moins appels aux produits de leurs terres, qui sont pour eux les seuls économiquement abordables. Il y a, dans cette directive, un côté « qu’ils mangent donc de la brioche » qui nous choque. Il nous paraît donc nécessaire de nous montrer plus ambitieux et plus volontaristes en la matière, c’est-à-dire : d’identifier avec le maximum de précision les populations concernées et d’élaborer, en leur faveur et au nom de la solidarité nationale, un programme intégré d’accompagnement alimentaire."
Et oui ! Le problème est bien là. Savoir que l’on risque d’empoisonner sa famille par les légumes cultivés dans son jardin a de quoi casser le moral du plus équilibré des humains. Surtout quand on apprend que le sol est pollué pour des siècles. Alors, non, Monsieur Le Guen, ce problème n’est pas une simple "affaire" gonflée médiatiquement. C’est un drame dont nous avons peine, aujourd’hui, à mesurer la portée.
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